vendredi 17 mai 2013

Jazzdor 2013, la 7ème édition !

C'est la 7ème édition de Jazzdor qui fait la promotion d'une musique de choix,  c'est un des meilleur festival francais et il est à Berlin !



A l'affiche Jazzdor 2013 : Michel Portal


Récemment labellisé par le Ministère de la Culture et de la Communication, Jazzdor présente la 7ème édition de son festival Jazzdor Strasbourg-Berlin, du 5 au 8 juin dans la capitale allemande. À Kesselhaus, dans cette “brasserie de culture“ qu’est la Kulturbrauerei, nichée au cœur du quartier du Prenzlauer Berg, douze formations se produiront le temps de quatre soirées, faisant de cet événement unique en son genre la plus grande plateforme d’échanges franco-allemands en matière de jazz.
Cette 7ème édition s’ouvrira par le duo entre Michel Portal et le jeune virtuose de l’accordéon Vincent Peirani. L’occasion pour ce dernier de présenter son premier disque en trio, “Thrill Box“ tout juste paru sur le label Act et sur lequel est invité l’immense clarinettiste.
Plusieurs projets à l’affiche ont été initié par Jazzdor : le trio du tromboniste suisse Samuel Blaser avec Marc Ducret et Peter Bruun ou encore le quartet “Special Relativity – qu’on avait pu découvrir à Strasbourg en novembre 2012 – et formé des deux saxophonistes ténors Heinz Sauer et Daniel Erdmann.
La soirée du jeudi 6 juin mettra tout particulièrement en avant le travail de l’AJC (Association Jazzé Croisé, anciennement Afijma), à travers la présentation du groupe Actuum, lauréat du programme Jazzmigration 2012.
On retrouvera également le duo improvisé entre la grande Joëlle Léandre et Vincent Courtois ou encore le projet “soul blues“ du batteur Denis Charolles avec la chanteuse écossaise Maggie Nicols et le guitariste David Chevallier.
En mettant cette année l’accent sur le cosmopolitisme artistique de la capitale allemande, Jazzdor Strasbourg-Berlin ouvre des horizons nouveaux en matière de coopérations franco-allemandes et européennes.
Deutschlandradio Kultur réaffirme son attachement au festival et captera cette année encore l’intégralité des concerts au programme. Les concerts de Wu Wei / Pascal Contet et Gueorgui Kornazov seront retransmis en direct de 20h à 22h le jeudi 6 juin.

7. FESTIVAL JAZZDOR STRASBOURG-BERLIN
Dates : Du mercredi 5 juin au samedi 8 juin 2013
Lieu : Kesselhaus in der Kulturbrauerei, Knaackstr. 97, 10435 Berlin
Début : 20 heures

Info/ Réservation:: 030. 44 31 5100// info@kesselhaus-berlin.de, www.kesselhaus.net

Le programme :

Mercredi 5 juin
20h / KESSELHAUS Kulturbrauerei

MICHEL PORTAL/VINCENT PEIRANI (France)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Michel Portal, clarinette et bandonéon / Vincent Peirani, accordéon


Bruun / Blaser / Ducret ® Kajsa Gullberg
SAMUEL BLASER/ MARC DUCRET/ PETER BRUUN (Suisse / France / Danemark)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Samuel Blaser, trombone / Marc Ducret, guitare / Peter Bruun, batterie

DENIS BADAULT H3B (France/ Angleterre)
!! DEUTSCHLANDPREMIERE !!
Denis Badault, piano / Tom Arthurs, trompette / Régis Huby, alto / Sébastien Boisseau, contrebasse


Jeudi 6 juin
20h // KESSELHAUS Kulturbrauerei

ACTUUM (France)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Benjamin Dousteyssier, saxophone / Louis Laurain, trompette / Ronan Courty, contrebasse /Julien Loutelier, batterie

Denis Charolles
DENIS CHAROLLES/ MAGGIE NICOLS / DAVID CHEVALLIER (France / Écosse)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Denis Charolles, batterie / Maggie Nicols, voix / David Chevallier, guitare

HEINZ SAUER / DANIEL ERDMANN / JOHANNES FINK / CHRISTOPHE MARGUET
“SPECIAL RELATIVITY“ (Allemagne / France)
Heinz Sauer, saxophone ténor / Daniel Erdmann, saxophone ténor / Johannes Fink, contrebasse /Christophe Marguet, batterie



Vendredi 7 juin
20h // KESSELHAUS Kulturbrauerei

Wu Wei ®DR
WU WEI / PASCAL CONTET (Chine / France)
Wu Wei, Sheng / Pascal Contet, accordéon

GUEORGUI KORNAZOV HORIZONS QUINTET (France)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Gueorgui Kornazov, trombone / Emile Parisien, saxophone soprano / Manu Codjia, guitare /Marc Buronfosse, contrebasse / Karl Jannuska, batterie

EUROPEAN SAXOFON ENSEMBLE (EU)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!

Samedi 8 juin

20h // KESSELHAUS Kulturbrauerei

JOELLE LÉANDRE/VINCENT COURTOIS (France)
Joelle Léandre, contrebasse / Vincent Courtois, alto
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!

JASS ®Thierry Mallevaes
J.A.S.S. (USA/ France / Suisse)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
John Hollenbeck, batterie / Alban Darche, saxophone / Samuel Blaser, trombone /
Sébastien Boisseau, contrebasse






ANTOINE BERJEAUT WASTELAND feat. MIKE LADD (France / Danemark)
!! PREMIÈRE ALLEMANDE !!
Antoine Berjeaut trompette et bugle / Jozef Durmoulin Fender Rhodes /Stéphane Kerecki contrebasse / Fabrice Moreau, batterie / Mike Ladd, voix

Jazzdor est présenté par:
Deutschlandradio Kultur, Jazzthetik, tip Berlin, die taz, audiophil, Magazine Paris-Berlin, BerlinPoche, exberliner, jazzdimensions, Jazz Guide Berlin, Dussmann das KulturKaufhaus

Il a le soutien de:
La Ville de Strasbourg, le Conseil Général du Bas-Rhin, le Ministère de la Culture et de la Communication-DRAC Alsace, l’AFIJMA / AJC, l’Institut Français, la Sacem, le Bureauexport, la Spedidam, l’OFAJ / DFJW, Consense GmbH (Kesselhaus)


Il n'a pas le soutien... des autres.

jeudi 14 février 2013

Concert : Samuel Blaser - Consort in Motion à l'Aufsturz

Le tromboniste Samuel Blaser est à Berlin avec son groupe Consort in Motion le 16 février à 21 heures à l'Aufsturz pour un concert exceptionnel organisé par la Jazzkeller69 e.V.
Ce projet existe depuis plusieurs années et recoit enfin l'opportunité de s'exprimer dans la capitale. D'une pierre deux coups, Paris est aussi sur le programme mais pas le même jour.

Samuel Blaser a récemment changé son répertoire, d'abord curieux de la période baroque, l'album Consort in Motion reprend des thèmes de Monteverdi et Frescobaldi, il s'intéresse maintenant au répertoire de Guillaume de Machaud, compositeur du XIVeme Siécle.

Le format reste celui d'une formation jazz et son langage aussi : Russ Lossing au piano, Drew Gress à la basse et Gerry Hemingway à la batterie doivent assimiler assez rapidement le grand écart entre les deux bords de l'Atlantique et je n'ai quant à moi aucun doute quand à la réussite de l'opération à cœur ouvert. Les virtuoses improvisateurs et coloristes devraient être la dream team pour négocier ce retour vers le futur. D'autant plus qu'ils sont rejoint par un invité spécial : Joachim Badenhorst à la clarinette.



A ne pas rater : samedi 16 avril à l'Aufsturz, Oranienburger Straße 67, 10117 Berlin 9€

Et aussi : 15.02 Chorus, Lausanne, Switzerland
http://www.chorus.ch/
16.02 Jazzkeller 69, Berlin, Germany
http://www.jazzkeller69.de/
17.02 Bflat im Progr, Bern, Switzerland
http://www.bee-flat.ch/
18.02 Sunside, Paris, France
http://www.sunset-sunside.com/
19.02 Studio de Meudon, France, Recording for Songlines
20.02 Studio de Meudon, France, Recording for Songlines
21.02 Jazz Case, Neerpelt, Belgium
http://www.jazzcase.be/
22.02 Just Music Jazz Festival, Wiesbaden, Germany
http://www.justmusic-festival.de/

lundi 7 janvier 2013

Voeux

L'équipe de Jazz à Berlin vous souhaite une merveilleuse année 2013.
Nous aurons souvent l'occasion de nous faire moins rare cette année. Oui !

dimanche 28 octobre 2012

Partir pour (mieux) revenir

Le jeudi 11 Octobre, la première édition du festival Music n'Migrations recevait la visite de Diogène. Et voici ce quil peut en dire...

La Kesselhaus se situe au sein d´un complexe dans lequel on pourrait presque passer sa vie entière tant il semble à même de satisfaire tous les besoins primaires de l´humain du XXIè siècle : boire, manger, consommer, voir des films, écouter des concerts, danser et baiser.

Les Balkans ? Ivresses monumentales s'étalant sur des semaines entières, traite des Blanches, trafic d'organes, rapts, viols en bande organisée. Ces stéréotypes auxquels nous ont habitués les médias ou les films de Kusturica n´auront pas droit de cité. A la place, la délicatesse de chansons d'amour contrarié, perdu, à jamais, puisque là seul réside l'íntérêt de ce sentiment, fruit des jeux d'esprit de quelques seigneurs médiévaux trompant l'ennui dans leurs manoirs infestés par la gale, la lèpre et la peste bubonique. Mais je m'égare.

On ne se détache pas si facilement de ses racines. Et l´Albanie, qu´en connaissons-nous ? En Italie, ses ressortissants sont percus comme la lie de l'humanité, ou peu s´en faut. Certains pourront peut-être citer le nom ambigu de sa capitale, d´autres se souvenir de son passé communiste, quelques-uns mentionner Enver Hodja, ce Mao baroque des Balkans.

Après y avoir poussé ses premiers cris, Elina Duni y est revenue, progressivement, par le chant. Le dernier album de son Quartet, paru chez ECM, se veut en effet un hommage à ce bout de côte coincé entre l´ex-Yougoslavie et la Grèce.

La voix possède peu d´étendue, mais la chanteuse compense par l'enthousiasme et la présence scénique, parfois un peu envahissante. Les expérimentations du pianiste retiennent davantage l'attention. Cordes frappées, mais aussi successivement caressées ou malmenées, et cette imitation du timbre d'un violon tzigane, en plus profond, triste, désespérant.

Vient ensuite le grand moment, avec dès l'entame des rythmiques jazz-funk rappelant le jeune Herbie Hancock. On est immédiatement emporté dans le tourbillon.

Beau comme un ange sur le vitrail d´une église romane perdue dans les collines d´Ombrie, Francesco Tristano, ce trublion naturel, n´a pas froid aux yeux. Il a ainsi osé publier, sur un label consacré d'ordinaire aux musiques électroniques à haute teneur en BPM, des reprises au piano de classiques de la techno. Plus récemment, aprés avoir signé chez Universal, il a collaboré, le temps d´un album Deutsche Grammophon, avec une légende de l´EDM (electronic dance music), le mystérieux Moritz Von Oswald, mêlant Bach et John Cage. Bref le jeune homme bouscule les genres et les références, fait fi des chapelles et de la volonté de distinction, sans cesser de plaire aux connaisseurs ouverts de tous bords.

Sur scène l'accompagnent le vibraphoniste Pascal Schumacher, développant des sonorités ethérées, et du percussionniste Bachar Khalifé, impressionnant de maîtrise et de concentration. Le trio, malgré sa virtuosité évidente, ne succombe jamais à la tentation d'en rajouter, surimprimer. Chaque son peut ainsi être goûté, étudié sous toutes ses coutures, saisi. Le rythme donne souvent des fourmis dans les jambes, bien plus que dans beaucoup de ces lieux autrefois appelés boîtes de nuit.

Bien sûr d'aucuns, grognons, pourraient se plaindre de quelques facilités, mais eux, qui les contentera ? Ces quelques minutes, trop courtes, auront permis de lever tous les doutes sur la musicalité de ce qu'on recouvre du terme générique de techno, et de lui rendre sa place dans l'histoire de la musique occidentale. Le jazz, décomplexé, un peu délivré de sa gangue, a également tout à y gagner.

mercredi 3 octobre 2012

Un nouveau festival à Berlin "Music'n'Migration" du 10 au 14 Octobre

C'est un festival ambitieux "Music'n'Migration : a European Jazz Odyssey" (ne pas oublier le coup de glotte dans la prononciation) qui est proposé à la Kesselhaus de la Kulturbrauerei avec beaucoup d'artistes qui méritent leurs découvertes, d'autres évoluant à découvert. Nous aurons des espions dans la place, alors restez branché. Et voilà le programme :

Mittwoch, 10.10.12,

20 Uhr// Kesselhaus
Nesin Howhannesijan Trio (Armenien/ Deutschland)
Nesin Howhannesijan, Kontrabass// Kelvin Sholar, Klavier// Ernst Bier, Schlagzeug

21.30 Uhr// Kesselhaus
Savina Yannatou & Primavera en Salonico (Griechenland)
Savina Yannatou, Gesang// Kostas Vomvolos, Quanun, Akordeon, Arrangements//
Kyriakos Gouventas, Geige// Harris Lambrakis, Nay// Yannis Alexandris, Oud, Gitarre, Tamboura //
Michalis Siganidis, Kontrabass// Kostas Theodorou, Percussion


Donnerstag, 11.10.12, 

ab 20 Uhr// Kesselhaus
Elina Duni Quartett (Albanien/ Schweiz)
Elina Duni Quartet

Elina Duni, Gesang// Colin Vallon, Klavier// Patrice Moret, Kontrabass// Norbert Pfammatter, Schlagzeug

21.30 Uhr// Kesselhaus DEUTSCHLANDPREMIERE!
Khalifé/ Schumacher/ Tristano (Libanon/Luxemburg)
Bachar Khalifé, Percussion// Pascal Schumacher, Vibrafon// Francesco Tristano, Klavier


Freitag, 12.10.12,

Ibrahim Maalouf
20 Uhr// Kesselhaus
Simin Tander (Deutschland/ Niederlande/ Afghanistan)
Simin Tander, Gesang// Jeroen van Vliet, Klavier & Electronics// Etienne Nillesen, Schlagzeug// Cord Heineking, Kontrabass 

21.30 Uhr// Kesselhaus
Ibrahim Maalouf (Frankreich/ Libanon)
Ibrahim Maalouf, Trompete// Laurent David, Bass// Xavier Rogé, Schlagzeug// Frank Woeste, Fender
Rhodes// François Delporte, Gitarre// Youenn Le Cam, Flöte, Trompete, Bretonischer Dudelsack


Samstag, 13. 10.2012,

15 Uhr // Kesselhaus // EINTRITT FREI!
„Sing! Inge! Sing!" Der zerbrochene Traum der Inge Brandenburg // Regie: Marc Boettcher
Der Dokumentarfilm zeigt das beeindruckende Portrait über eine der besten Jazzsängerinnen Deutschlands
der 60iger Jahre mit Klaus Doldinger, Fritz Rau, Emil Mangelsdorff u.v.m.
Danach Jazzsalon EINTRITT FREI!

20 Uhr// Kesselhaus
Vibratanghissimo (Deutschland/ Argentinien)
Juan Lucas Aisemberg, Bratsche// Oli Bott, Vibrafon// Tuyêt Pham , Piano// Arnulf Ballhorn, Kontrabass

21.30 Uhr// Kesselhaus DEUTSCHLANDPREMIERE!
Raynald Colom (Katalonien/ Spanien)
Raynald Colom, Trompete// Aruan Ortiz, Klavier, Keyboard// Tom Warburton, Bass// Marc Ayza, Schlagzeug

Sonntag, 14.10.12,

Oles / Skolias / Oles
20 Uhr// Kesselhaus
Ensemble Yaman (Israel) DEUTSCHLANDPREMIERE!
I gal Mizrahi Gesang, Percussion// Ariel Nachum, Lead Gesang, Percussion, Afrikanische Fula Flöte// Tomer Segal, Bass, Percussions// Roy Sunak, Trompete // Amir Zeevi, Gitarre// Dor Kelman, Schlagzeug

21.30 Uhr// Kesselhaus
Oleś/ Skolias/ Oleś (Polen/ Griechenland)
Bartłomiej Brat Oleś, Schlagzeug// Jorgos Skolias, Gesang//Marcin Oleś, Kontrabass

jeudi 6 septembre 2012

Les Jazzkollektiv Nights en images

Jour 1 :
Wanja Slavin Lotus Eaters © Chloe Santoro
Gulf of Berlin © Chloe Santoro
Die dicken Finger © Chloe Santoro

Jour 2
ROWK © Chloe Santoro
Das rosa Rauschen © Chloe Santoro
Laura Robles © Chloe Santoro
Jour 3
Katie Briens © Chloe Santoro   
Marc Schmolling © Chloe Santoro
Philipp Zoubek © Chloe Santoro


mercredi 5 septembre 2012

Jazzkollektiv Nights, un triolet et fin par Diogene

Même lieu et beaucoup de visages identiques, aux sourires communicatifs, pour cette dernière livraison des Jazzkollektiv.

On commence avec le sextet de la pétillante Katie Briens. Les quatre cuivres se taillent la part du lion, avec Wanja Slavin venu apporter son savoir-faire et son expérience. Les compositions sont souvent traditionnelles voire un peu scolaires, bien qu'une place soit accordée à l'improvisation, avec un penchant groovy marqué, qui se donne libre cours dans les deux dernières interprétations.

Le band semble par ailleurs hésiter entre spectacle visuel et musical, ce qui ne constitue pas un défaut en soi, mais demande une présence scénique forte, et ce n'est pas à la portée de chacun. On se sent même parfois vaguement embarrassé, comme si on surprenait une répétition, un brouillon de ce que sera le futur concert. Après tout, c'est aussi ce que permet ce type de performance intimiste dans le cadre d'un mini-festival qui se veut aussi un laboratoire.

Ce type de restriction disparaît avec  le concert au piano de Marc Schmolling. Passages purement introspectifs, élégiaques, dissonances fouettant les nerfs, simples notes éparses parfois, qui semblent hésiter à se conjuguer à d'autres, trop pudiques, fragiles, et dont on suit, un brin anxieux, le progressif évanouissement dans l'air. Il suffit de fermer les yeux, faire abstraction de l'espace environnant pour se projeter dans des mondes imaginaires, au croisement des suggestions du pianiste et de nos propres lubies. Rien de trop abscons cependant, de brusque. Schmolling, qui joue aussi, en d'autres circonstances, avec l'omniprésent Slavin, sait distiller ses ambiances, ses entrelacs chromatiques, sans jamais laisser les auditeurs à l'écart, mais au contraire en les prenant par la main, même les moins avertis d'entre eux.

Le solo de Schmolling est un de ces moments privilégiés qui nous rappellent pourquoi, même quand la paresse nous inclinerait à rester confortablement vautrés dans notre canapé, nous ne devrions jamais hésiter à délaisser nos pénates pour nous aventurer dans une soirée consacrée au jazz.

Marc Schmolling © Chloe Santoro

mercredi 29 août 2012

Jazzkollektiv Nights, deuxième note.

C'est une soirée torride qui c'est déroulée ce 28 août 2012 au Naherholung Sternchen (à vos souhaits). Ce n'est qu'après avoir observé d'un oeil perplexe l'enseigne jaune du supermarché Netto présent au milieu des barres d'immeubles, que j'ai enfin trouvé l'entrée de l'autre côté du batiment. Les fumeurs à l'extérieur ont été l'indice permettant de découvrir l'entrée... D'abord un bar un peu décati dans une salle pourvu de bon nombre de divans et sofas. Les murs nus, de la tuyauterie de chauffage, des murs aux couleurs écaillés offraient quand même le luxe d'une certaine convivialité. Le brouhaha et la masse des gens connus et inconnus cachaient la deuxième partie de la salle : des chaises en platiques et un espace scénique... plein d'amplis et d'instruments, en tas.

Le premier groupe de la soirée s'avance, il s'agit de ROWK, le bon vieux coup des initiales à encore frappé : Wanja Slavin au sax brillant, Kalle Kalima à la guitare marron, Ronny Graupe à la guitare rouge, Oli Steidle, batterie dorée. Le groupe ne m'est pas inconnu et je suis déjà conquis. Le monde onirique et délirant de Kalle Kalima (membre fondateur de Johnny La Marama) se confronte à celui non moins impressionnant de Oliver Steidle (Der rote Bereich), les échanges musclés, parfois très rock ne sont pas rares, Kalle Kalima utilise souvent des sons de basses tonitruants et groovys. En parallèle, Wanja Slavin, saxophoniste exceptionnel, trés présent au programme cette année, quelle bonne idée, dialogue volontiers avec Ronny Graupe pour des confrontations jazzistiques et subtiles. Ce dernier se bonifie à chaque apparition par la précision et la fluidité de son discours.  Le répertoire ne cesse de surprendre, avec Zappa en embuscade, les métriques dans tous les sens, les micro-mélodies sensibles puis brutales, des basses variables et variantes où le groove n'est jamais absent, les poursuites mélodiques insensées et virtuoses. Ce qui m'avait semblé être par le passé de la dérision ou de la caricature, ressemble plus en plus à un travail conséquent avec de vrais options artistiques... Le language du groupe se trouve et s'exprime. Deviendraient-ils sérieux ? En tout cas, c'est une vraie joie que j'ai eu de les écouter, le vrai plaisir de la découverte...

En deuxième partie de soirée est programmé un groupe qui ne m'est pas inconnu non plus : das rosa Rauschen de Felix Wahnschaffe. Ce saxophoniste alto est bien connu de la scène berlinoise pour sa personnalité originale et son esprit créatif. Le groupe existe depuis plusieurs années déjà mais il vient récemment de renouveler les cadres : Achim Kaufmann pour John Schröder, Andreas Lang pour Oliver Potraz et Moritz Baumgartner pour Eric Schaeffer. Les compositions de Felix sont très intéressantes, évanescentes et minimales, les résolutions sont des feux d'artifices discrets, des tentacules d'anémones qui se déploient dans une mer de plancton. De liberté vers l'ordre et réciproquement, les moments de suspension sont extrèmement bien soutenus par un trés grand pianiste nommé Kaufmann. Les micro mélodies sont exposées avec soin par le saxophone de Felix Wahnschaffe. Un seul regret, que ce groupe n'ait pas encore eu le temps de se roder, on sent parfois que la mayonnaise ne prend pas, et l'apothéose s'échappe. Das rosa Rauschen, à garder sous le coude du coin de l'oeil, avec un bon espoir que la chenille devienne un gros papillon coloré.

Un peu d'exotisme ne peut pas être dommageable dans une soirée déjà très haute en couleur avec le groupe de Laura Robles y el Astrocombo. Aprés une bonne bière et le plaisir des milles conversations de circonstance, vient sur scène une bassiste électrique que le pêché n'a pas égaré : à côté du corps de la basse, un ventre de femme enceinte. Le groupe se compose pour moitié de musiciens de culture latine (Laura Nobles est né au Perou) et pour moitié recruté sur place : Laura Robles, basse electrique/perc,  Robby Geerken, perc, Diego Pinera, dr, Florian Trübsbach, sax, Wanja Slavin, sax, Johannes Lauer, tb. De l'énergie pure s'écoule de cette rythmique à trois percussions. La basse est slappée, le clave pose la transe et les corps s'animent. En face, la section de soufflants rappelle tantôt le big band, tantôt un banda mais on reste à Berlin... Le language s'étoffe et les couleurs s'apaisent. Ils sont tous les trois des solistes et ne s'en privent pas, à tour de rôle, jusqu'à l'incandescence. Le soleil et la gravité se sont invités au Jazzkollektiv nights et c'est grand bien. D'ailleurs, on reviendra.

Jazzkollektiv, premières notes

Génial ! Enfin un peu de relève ! Mon ami journaliste et historien "Diogene" a visité le premier jour du festival annuel du Jazzkollektiv Berlin, ce lundi. A-t-il eu tort ? Les photos suivront de près. Voici le récit de son aventure nocturne :

Un début de siècle et de soirée à Berlin. A l´entrée, les palmiers chaloupent doucement sous la caresse du vent chargé de fragrances tropicales et des premiers sons qui s'échappent de la salle. Un endroit insolite, même ici où il en existe tant, au nom impossible à prononcer sans avoir profondément repris son souffle avant, le "Naherholung Sternchen". Il est évident qu'on n'en aura pas plein les yeux mais que les oreilles seront traitées royalement, même si l´acoustique n´est pas parfaite.

On commence avec la formation la plus charmante, Lotus Eaters (Wanja Slavin, sax, Rainer Böhm, p, Andreas Lang, bass, Tobias Backhaus, dr) et l´imagination du jeune pianiste Rainer Böhm. On devine son jeune âge sans même avoir besoin de le regarder, au romantisme tout en retenue des morceaux. Un jazz aux accents scandinaves élégant, éthéré, parfois sensuel, enrichi par le jeu subtil du saxophoniste Wanja Slavin. Accessible mais sans compromission.

La dernière composition, Fusion, permet d´élargir la palette avec des patterns proches du jazz-dance et un rythme beaucoup plus élevé. Seule pointe de regret, le piano, qui apporte souvent la note la plus subtile, est un peu noyé par les autres instruments.

La soirée se poursuit avec Gulf of Berlin (Gerhard Gschlößl, tb/sousa, Gebhard Ullmann, sax/bcl, Johannes Fink, vc/bass, Jan Leipnitz, dr), un quatuor d'une autre génération, dont les musiciens aiment à changer d'instrument en cours de route. D'emblée on entre dans le territoire de l'improvisation la plus sauvage, bruitiste, pointilliste, qui rappelle les expérimentations des années 70. L'atmospère instillée varie, passant de la comédie burlesque au film „giallo“, en passant par des instants horrifiques dignes d´un film d'étudiant généreux en hemoglobine. Et soudain ca pétarade comme dans un vieux Clint Eastwood.

Toutes ces inventions, ces sons stridents, crissants, par moments irritants, sont aussi rendus possibles par le choix des instruments : sousaphone glauque, contrebasse pincée ou jouée à l'archet, clarinette basse crachotante et autre fantaisies. Le groupe tire certes l´auditeur de son confort, mais pour l´emmener vers des terres mal connues.

N'ayant jamais su apprécier à sa juste valeur le death metal mélodique suédois, je n'ai en revanche pu réellement profiter du maelstrom sonore proposé par Die dicken Finger (Olaf Rupp, git, Jan Roder, ebass, Oli Steidle, dr). Ici, le terme de jazz ne peut être pris que dans son acception de musique improvisée.

Absence totale de mélodie, volume difficilement supportable surtout dans une salle aussi petite, au point que les organisateurs avaient demandé au public de se munir de bouchons, le trio est impitoyable, avec un son d'une rare intensité, sans aucun moment de répit, proche du noise des années 80. Les fanatiques de fusion rock en avaient cependant visiblement pour leur argent, et c'est finalement l´essentiel.

mardi 7 août 2012

Jeu Kollektif à Berlin

Le Jazzkollektiv Berlin rassemble quelques personnalités émergentes de la musique improvisée à Berlin. Il s'agit de Gerhard Gschlössl, Wanja Slavin, Felix Wahnschaffe, Marc Schmolling, Johannes Lauer, Philip Gropper et Ronny Graupe. L'idée très simple d'organiser des évènements autour de leur projets artistiques porte ses fruits depuis déjà 6 ans ! 6 ans d'inventions, de pavés dans la mare, de tentatives, de créations... C'est l'édition n°6 qui aura lieu du 27 au 29 Août 2012 au Naherholung Sternchen, Berolinastrasse 7, 10178 Berlin. Il y a trois concerts par soir à partir de 20h au prix de 18€.

Le programme dans le détail :

Lundi 27/08/2012

LOTUS EATERS
Wanja Slavin, sax
Rainer Böhm, p
Andreas Lang, bass
Tobias Backhaus, dr

GULF OF BERLIN
Gerhard Gschlößl, tb/sousa
Gebhard Ullmann, sax/bcl
Johannes Fink, vc/bass
Jan Leipnitz, dr

DIE DICKEN FINGER
Olaf Rupp, git
Jan Roder, ebass
Oli Steidle, dr

Mardi 28/08/2012

ROWK
Wanja Slavin, sax
Kalle Kalima, git
Ronny Graupe, git
Oli Steidle, dr

DAS ROSA RAUSCHEN
Felix Wahnschaffe, sax
Achim Kaufmann, p
Andreas Lang, bass
Moritz Baumgärtner, dr

LAURA ROBLES Y EL ASTROCOMBO
Laura Robles, b/perc
Florian Trübsbach, sax
Wanja Slavin, sax
Johannes Lauer, tb
Robby Geerken, perc
Diego Pinera, dr

Mercredi 29/08/2012

KATIE BRIENS DREAM BAND
Katie Brien, sax
Wanja Slavin, sax
Andrej Ugoljew, tb
Victor Wolf, bcl
Simon Quinn, bass
Tilo Weber, dr

MARC SCHMOLLING SOLO
Marc Schmolling, p

GROPPER/ZOUBEK/ELDH/ SCHRÖTELER
Phillipp Gropper, sax
Philipp Zoubek, syn
Petter Eldh, bass/electronics
Danny Schröteler, dr/electronics


vendredi 27 juillet 2012

Grosse soirée au festival de la Lohmühle

AVIS !! Demain soir 28 juillet à partir de 19 heures ! Ca couine dans les virages parce que je me dépêche d'annoncer une soirée plus qu'intéressante qui aura lieu entre Kreuzberg et Treptow sur le site de la Lohmühle, derrière le Görlitzer Park. Cet évènement a lieu dans le cadre du Festival "Jazz an der Lohmühle" organisé par l'association Jazzkeller69, déjà évoqué ici dans ces colonnes

Il s'agit de trois concerts qui devraient se dérouler sous un grand soleil (une fois n'est pas coutume cet été), gratuits et en plein air !! En voici une courte présentation :

Benjamin Weidekamp Quartett

de g. à dr. : Kempendorff, Weidekamp, Marien, Graupe
Benjamin Weidekamp – bois
Uli Kempendorff – saxophones
Ronny Graupe – guitare
Christian Marien – batterie

"C'est le nouveau quartette autour de Benjamin Weidekamp, la tête créative des groupes Olaf Ton ou Stereo Lisa. Auxquels s'ajoutent Uli Kempendorff, Ronny graupe et Christian Marien, déjà connus pour différents forfaits sur la scène berlinoise.
La musique de ce groupe est un mélange de groove, d'humour, de plaisir de jouer et d'improviser et d'une kyrielles de notes sur ses partitions !
Les compositions sont basées sur les noms des membres du groupe traduits en alphabet morse, mais aussi parfois sur le nom des sons qui interviennent dans les noms des musiciens, augmentés d'un quart de ton ou bien encore le spectre sonore de la cymbale du batteur est analysé et joué à l'envers ralenti trente fois... sous réserve que chacun puisse jouer son nom seize fois en morse..."

Die Hochstapler – The Braxtornette Project

Pierre Borel – alto sax
Louis Laurain – trompette
Antonio Borghini – basse
Hannes Lingens – batterie

"Le saxophoniste français et berlinois Pierre Borel a étudié la musique à Berlin et la philosophie à Paris. De là-bas vient le trompettiste Louis Laurain. Avec Hannes Lingens et Antonio Borghini ils sont les "Hochstapler" - les "imposteurs" : à partir des compositions d'Anthony Braxton et d'Ornette Coleman, ils développent leur propre langage... d'imposteurs."

Astralreise

Peter Ehwald – saxophones
Claudio Puntin – clarinettes
Andreas Lang – basse
Andreas Pichler – batterie

"Le coeur de cet ensemble présente une forme particulière d'organisation. Par exemple, il dépend d'une pratique flexible du processus de prise de risque mélodique ainsi que d'une possible, urgente, et fréquente réorganisation des structures harmoniques. Un rôle central est joué par l'imagination modale et l'inefficacité de la genèse des fonctions en marche arrière avec l'assimilation des informations : à l'aide d'accoridiots orientés par une superbe danse d'approche, des signaux compositionnnels seront diffusés dans l'espace entourant la scène.
Ces signaux provoqueront à leur tour le déclenchement d'autres processus. Mais rassurez-vous, par l'émission de sons spontanés et l'usage pratique de créativité, tous les problèmes trouveront leurs solutions, aussi par la compréhension profonde des textes, qui, sur place, émettront des signaux dans de multiples directions."

Ceci est un charabia surréaliste écrit par les musiciens eux-mêmes et traduit de l'allemand.

jeudi 12 juillet 2012

A l'Arme ! Le festival sans panique.


Le festival "A l'arme" aura lieu du 18 au 21 Juillet 2012 au Radialsystem de Berlin. Un bien belle salle pour présenter tout ce que la musique improvisée et le jazz contemporain à de meilleur : Peter Evans, Irène Schweizer, Neneh Cherry et Mats Gustafsson, Peter Brötzmann en plusieurs configurations, Aki Takase et Silke Eberhard,... j'en oublie. Les fans du genre voient là débarquer un festival de stars, voire de légendes. Attraper plusieurs mouches en un seul coup, dans un cadre exceptionnel, voilà ce que propose ces 4 jours au bord de la Spree. Il est encore temps de sauter dans un vol improjet, ou au pire dans le train de nuit...

Allez, un petit apercu sonore, c'est Neneh Cherry & the Thing de Mats Gustafsson.

jeudi 28 juin 2012

10 ans de Jazz à la Lohmühle

Le festival de la Lohmühle a 10 ans et il faudra venir lui rendre nos hommages (ainsi qu'à Wolf, alias Jazzassi, maître de cérémonie) ! La formule "gratuit et en plein air" ne décourage que ceux qui craignent la pluie et le vent... Les étés ne jouent pas toujours le jeu mais les musiciens berlinois sont fidèles. C'est le cas cette année encore et même si ce blog prend le train en marche voici ce qu'il reste à déguster le 30 juin 2012, par exemple :

UnbedingT


Jörg Schippa – guitar
Jürgen Kupke – clarinet
Florian Bergmann – bass clarinet
Christian Marien – drums

"Absolument", le projet de Jörg Schippa est très neuf et rafraichissant, écrit et très arrangé, ce qui dénote dans cette fête de l'improvisation. Le délirant Jürgen Kupke à la clarinette confirme que ce projet mériterait de ce produire sur toutes les scènes d'Europe.

A écouter iciou là

Clarinet Trio

Gebhard Ullmann – bass clarinet
Michael Thieke – altoclarinet, clarinet
Jürgen Kupke – clarinet

Jürgen Küpke, le retour, dans ce trio de clarinettes,  où le jazz en prend pour son grade : le temps du "ding, ding, ding" est passé depuis "long-long-long-temps" comme l'exprime les membres de ce trio, bien mieux en allemand, d'ailleurs. Le temps des couleurs est là : le trio de clarinettes fait de la musique pour ceux qui ont les yeux fermés et les oreilles ouvertes.
Andreas Willers – guitar
Martin Klingeberg – trumpet
Horst Nonnenmacher – bass guitar
Christian Marien – drums

Et voilà ce que ca donne quand quelques-unes des figures de l'improvisation berlinoise prennent plaisir à faire du funk de science-fiction. Ils sont intenables. Même si je ne suis pas sûr qu'il porteront des chapeaux comme Jamiroquai ou George Clinton. Peut-être un costard à la Macéo Parker ?

Et on prend plaisir à écouter ou à acheter :


Le festival continue le 14 juillet avec le Berliner Art Orchester un All-Stars regroupant 15 musiciens de la scène berlinoise et le Sean Bergin / Tobias Delius Group... Encore une soirée très prometteuse "gratuite et en plein air"...



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lundi 28 mai 2012

Open Jazz d'Alex Dutilh en direct de Jazzdor


Le lundi 4 Juin 2012 entre 17h et 19 h l'émission Open Jazz de France Musique sera proposée en direct du festival Jazzdor à Berlin. L'émission est animée par Alex Dutilh et sera en direct et en public depuis la terrasse du Soda Club en face de la Kesselhaus.

Jazz à Berlin vous invite à assister à l'emission dont les invités seront : Michael Wollny, Nguyen Le, Helène Labarrière et Wanja Slavin...

Voici le site internet de l'emission, où vous pourrez vous rendre pour réécouter l'émission après sa diffusion.

Alex Dutilh - France Musique