vendredi 3 juin 2011

Les évènements de ce début d'été

Berlin est devenu pour beaucoup de musiciens un “must” tout comme pour les plasticiens, les peintres, les designers, les architectes et les ratons-laveurs. La légende veut que l’on débute fauché et que l’on meure dans la misère, ce qui n’est pas faux. Berlin offre une certaine douceur de vivre, et la tendresse des loyers permet de boucler les fins de mois. Berlin, c’est aussi un long hiver déprimant qui catalyse les pulsions créatrices du printemps. C’est là où l’on se mesure à d’autres, sans pour autant qu’il y ait de compétition. L’argent n’est pas là, Berlin est toujours sexy et les banques toujours à Francfort. Les temps changent doucement, tout comme les loyers et les nombres d’encravatés à Mitte. Bon signe ? Cette vocation a devenir la base culturelle de l’Europe a été reconnue. “A Berlin, on ne gagne pas d’argent, mais on joue.” Alors ils ont besoin d’un public qu’ils trouvent dans un nombre infini de cafés et de scènes. Le réseau de Jazz club est bien sûr outrepassé. On joue dans les galeries, les anciens bunkers et même dehors. Les rencontres entre musiciens sont tellement nombreuses et parfois si précipitées que le terme d’improvisation prend son vrai sens. Presque une philosophie de vie. Les partenaires s’échangent, se cherchent, aboutissent, s’annulent. Alors doit-on tout entendre, tout voir ? Impossible... Improvisez, jouez, faites comme eux. Retrouvez le plaisir des musiques éphémères qui ne se reproduiront plus et jouissez de la pleine santé mentale vantée par bon nombre de psychologues : profitez de l’instant.

Les petites joies improvisées se retrouvent très régulièrement au Café Tasso près de la Frankfurter Tor, par exemple. Un temple de l'improvisation se trouve Oranienburger str. dans un café appelé Aufsturz, au sous-sol. La série de concert de la galerie SRS, cuvrystr. est remarquable !

Voici les quelques aventures et recommandations de ce début de saison chaude. Le festival Jazzdor Berlin nous a donné de bonnes occasions de se nettoyer les oreilles pour le prix de quelques savonnettes. Une autre expérience qui fera baver des générations d'enfants au coin du feu quand vous la raconterez, c'est le festival de la Lohmühle entre Kreuzberg et Treptow. Cette fois, laissons les achats de savonnettes, le festival est gratuit. Je reviens sur ces deux évènements.

Le festival Jazzdor, vitrine de promo du jazz francais, a eu lieu cette année du 2 au 5 juin dans la Kulturbrauerei de Prenzlauer Berg et grand bien lui fasse ! Les salles sont pleines et beaucoup de ces projets sont franco-allemands.

J'ai bien aimé cette année le trio Journal Intime qui en trio de soufflants dégage presque autant d'énergie que Jimi Hendrix a qui ils rendaient un hommage très personnel. De quoi remporter l'adhésion et la reconnaissance d'un large public sans pour autant simplifier ou rechercher le consensus... du vrai travail d'artiste.

Je ne suis pas sûr que l'Orchestre National de Jazz puisse m'obliger „à me taire et à danser“ (shut up and dance) mais il a quand même essayé. J'aime bien John Hollenbeck, j'aime bien Daniel Yvinec, j'aime bien Eve Risser et plein d'autres. Le tout aurait du me fasciner. Mais j'en suis sorti un peu sceptique, sans pour autant bien pouvoir dire ce qui clochait. L'ensemble manquait un peu de clarté, je vais devoir me payer l'enregistrement pour le réécouter. Ou de le regarder sur Arte Live Web à nouveau :



Le festival Jazzdor prépare de bonnes surprises tous les ans et malgré le fait que l'on m'ait interdit de prendre avec moi une bouteille d'eau par 30 degrés pour m'obliger à acheter le contenu douteux du bar ("nous sommes un établissement gastronomique" me disait le gorille à l'entrée pour me faire lâcher ma bouteille) ce festival mérite le label “on a soif mais faut’y’aller” !

L’autre évènement de l’été jazz berlinois, c’est bien sûr le festival de Lohmühle organisé par l'association Jazzkeller69 qui a lieu dans un camp de roulottes établie sur le bord du canal entre Kreuzberg et Treptow. Assis sur des chaises ou bien par terre entouré de chiens et d’enfants qui jouent et dansent, (si, si !) la scène de plein air s’emplit chaque été tous les samedis de ce que le jazz à Berlin a de frais ou de moins frais. Les projets les plus passionnant trouvent sur cette scène un premier tremplin ou une confirmation. Le programme de cet été est très alléchant : par exemple le samedi 16 juillet, un triple plateau de projets hallucinants ou hallucinés : Daniel Erdmann “Die Obersicht”, Rudi Mahall “Fossile 3 plus” et Tom Arthurs “Sartr’ es Croissant”. Rien à jeter ! Le gigantesque saxophoniste Uli Kempendorff sera à l’honneur le 20 août avec deux de ses super-groupes et en dessert, Rudi Mahall revient déguisé en cerise avec le groupe KöcomabE. Mais j’ai bien eu du mal à trier ce dont je voulais parler, tant ce programme est un feu d’artifice d’artistes intéressants. Le programme est en ligne, et encore une fois je décerne un label : "faut’y’aller" !

Voici un petit film sur le thème Lohmühle, qui ne s'occupe pas seulement de jazz. C'est en allemand !

Das Königreich Lohmühle from 2470media on Vimeo.

2 commentaires:

  1. Ah ! Jazz à Berlin redémarre un peu cet été !
    Extra !
    Sinon en ce moment ya aussi du jazz à Paris !!!
    ;-)

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  2. Merci pour les encouragements, Ptilou ! Je vais suivre le Paris Jazz Festival sur ton blog, à défaut d'y être personnellement !

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