Un allemand à Paris, on n'en fera pas une chanson... et pourtant, c'est sûrement aussi romantique qu'un "englishman in New-York" ! C'est ce qui est arrivé à Karsten Hochapfel (un cauchemar de prononciation pour beaucoup de français) quand il a décroché une bourse d'étudiant et filé à Paris pour s'empresser de la dépenser dans des études de musique. Issu de la mouvance munichoise de Wanja Slavin avec lequel il enregistre le fabuleux "Scirocco", il tente, comme d'autres, de relier les deux mondes en Allemagne et en France. Il fonde le groupe "das rote Gras"... Le casting franco-allemand est le signe le plus flagrant de cette volonté. Mais enfin, du côté artistique, il s'agit bien du croisement de plusieurs cultures entre la musique classique et les musiques improvisées. L'improvisation est bien là, apparait au milieu d'arrangements à tiroirs, décrivant des mondes changeants et colorés. L'écoute du disque "Zipotam" de "das rote Gras" donne l'impression d'une promenade drôle et rafraichissante, faites de jingles et de collages, et après plusieurs écoutes, il reste encore des surprises, comme à l'épluchage d'un oignon dont l'effet serait hilarant. On se réjouit des interventions du multi-intrumentiste et compositeur Karsten Hochapfel et de Sylvaine Hélary à la flûte, mais aussi du son incroyable de Daniel Glatzel (chroniqué ailleurs dans ces colonnes) au saxophone ténor...Si des croisements et des rencontres inattendues produisent de la créativité, nous en avons ici un modèle. Espérons juste que ce "laboratoire" n'en restera pas là !
