jeudi 23 juin 2011

Sound No Walls, Jazz et culture juive... du 23 au 28 juin !

Le festival Sound, no walls qui aura lieu cette année au musée juif de Berlin du 23 au 28 juin 2011 existe depuis quelques temps déjà. C'est le journaliste Bert Noglik qui le dirige et ses choix sont très sûrs ! Dans l'esprit d'une culture juive radicale, c'est l'ombre de John Zorn qui plane sur le festival. Dans le triangle Berlin, New York et Tel Aviv évoluent des artistes tourmentés comme Elliott Sharp ou bien ceux qui questionnent la tradition, le passé et surtout le présent comme David Krakauer, Don Byron ou bien encore Dave Douglas. Ils sont tous là pour le festival et bien d'autres : le programme c'est par là !

dimanche 12 juin 2011

Samuel Blaser, des combes jurassiennes au chantier berlinois

Samuel Blaser
Quand on a été un rural et que l'on vient habiter la ville, le choc peut être rude. Ce n'est pas nécessairement le cas à Berlin et son "lazy groove", j'en atteste et Samuel Blaser aussi. Les petites villes jurassiennes sont pleines de talent et celui de Samuel Blaser s'exprime maintenant entre Berlin, New-York et La Chaux de Fonds accompagné par les plus talentueux musiciens improvisateurs que compte ce début de 21ème.
Tromboniste virtuose excellentissime, éternel découvreur de son instrument et au-delà du son et de l'harmonie, c'est très tôt qu'il décide, d'une : "je ferais du jazz !" et de deux : "Je serais une superstar !". Ce ne sera pas la première fois que les paradoxes habitent l'homme et rien de rebute Samuel Blaser. Dans les habits colorés de créateur de musique, l'homme avance encouragé en cela par les personnes qui, reconnaissant de son talent, acceptent de collaborer avec lui : après une apparition dans le Vienna Art Orchestra, il s'engage dans un duo avec Malcolm Braff, puis joue avec Peter Van Huffel dans Animal Forum. Dans ses collaborations plus actuelles, Pierre Favre, le batteur soliste avec lequel il développe une amitié mais aussi un duo extraordinaire, Marc Ducret, guitariste de toutes les expériences, Tyshawn Sorey, étoile montant de la batterie et de la musique expérimentale. Samuel Blaser tente de tirer le meilleur des univers berlinois et new-yorkais : il passe son temps entre les deux capitales et de nouvelles collaborations prennent forme. Celle avec Paul Motian, Russ Lossing et Thomas Morgan sur le dernier album "Consort in Motion" vaut le détour : c'est une série de compositions et de thèmes de l'époque baroque ré-arrangées et improvisées. Une critique du cd se trouve à cette adresse. Un portrait dans jazzman se trouve et
Le quartette de Samuel Blaser n'est pas pour autant délaissé. Avec Marc Ducret à la guitare, Banz Oelster à la basse et Gerald Cleaver à la batterie, une tournée et un cd son en préparation. En voici un apercu en video :

vendredi 3 juin 2011

Les évènements de ce début d'été

Berlin est devenu pour beaucoup de musiciens un “must” tout comme pour les plasticiens, les peintres, les designers, les architectes et les ratons-laveurs. La légende veut que l’on débute fauché et que l’on meure dans la misère, ce qui n’est pas faux. Berlin offre une certaine douceur de vivre, et la tendresse des loyers permet de boucler les fins de mois. Berlin, c’est aussi un long hiver déprimant qui catalyse les pulsions créatrices du printemps. C’est là où l’on se mesure à d’autres, sans pour autant qu’il y ait de compétition. L’argent n’est pas là, Berlin est toujours sexy et les banques toujours à Francfort. Les temps changent doucement, tout comme les loyers et les nombres d’encravatés à Mitte. Bon signe ? Cette vocation a devenir la base culturelle de l’Europe a été reconnue. “A Berlin, on ne gagne pas d’argent, mais on joue.” Alors ils ont besoin d’un public qu’ils trouvent dans un nombre infini de cafés et de scènes. Le réseau de Jazz club est bien sûr outrepassé. On joue dans les galeries, les anciens bunkers et même dehors. Les rencontres entre musiciens sont tellement nombreuses et parfois si précipitées que le terme d’improvisation prend son vrai sens. Presque une philosophie de vie. Les partenaires s’échangent, se cherchent, aboutissent, s’annulent. Alors doit-on tout entendre, tout voir ? Impossible... Improvisez, jouez, faites comme eux. Retrouvez le plaisir des musiques éphémères qui ne se reproduiront plus et jouissez de la pleine santé mentale vantée par bon nombre de psychologues : profitez de l’instant.

Les petites joies improvisées se retrouvent très régulièrement au Café Tasso près de la Frankfurter Tor, par exemple. Un temple de l'improvisation se trouve Oranienburger str. dans un café appelé Aufsturz, au sous-sol. La série de concert de la galerie SRS, cuvrystr. est remarquable !

Voici les quelques aventures et recommandations de ce début de saison chaude. Le festival Jazzdor Berlin nous a donné de bonnes occasions de se nettoyer les oreilles pour le prix de quelques savonnettes. Une autre expérience qui fera baver des générations d'enfants au coin du feu quand vous la raconterez, c'est le festival de la Lohmühle entre Kreuzberg et Treptow. Cette fois, laissons les achats de savonnettes, le festival est gratuit. Je reviens sur ces deux évènements.

Le festival Jazzdor, vitrine de promo du jazz francais, a eu lieu cette année du 2 au 5 juin dans la Kulturbrauerei de Prenzlauer Berg et grand bien lui fasse ! Les salles sont pleines et beaucoup de ces projets sont franco-allemands.

J'ai bien aimé cette année le trio Journal Intime qui en trio de soufflants dégage presque autant d'énergie que Jimi Hendrix a qui ils rendaient un hommage très personnel. De quoi remporter l'adhésion et la reconnaissance d'un large public sans pour autant simplifier ou rechercher le consensus... du vrai travail d'artiste.

Je ne suis pas sûr que l'Orchestre National de Jazz puisse m'obliger „à me taire et à danser“ (shut up and dance) mais il a quand même essayé. J'aime bien John Hollenbeck, j'aime bien Daniel Yvinec, j'aime bien Eve Risser et plein d'autres. Le tout aurait du me fasciner. Mais j'en suis sorti un peu sceptique, sans pour autant bien pouvoir dire ce qui clochait. L'ensemble manquait un peu de clarté, je vais devoir me payer l'enregistrement pour le réécouter. Ou de le regarder sur Arte Live Web à nouveau :



Le festival Jazzdor prépare de bonnes surprises tous les ans et malgré le fait que l'on m'ait interdit de prendre avec moi une bouteille d'eau par 30 degrés pour m'obliger à acheter le contenu douteux du bar ("nous sommes un établissement gastronomique" me disait le gorille à l'entrée pour me faire lâcher ma bouteille) ce festival mérite le label “on a soif mais faut’y’aller” !

L’autre évènement de l’été jazz berlinois, c’est bien sûr le festival de Lohmühle organisé par l'association Jazzkeller69 qui a lieu dans un camp de roulottes établie sur le bord du canal entre Kreuzberg et Treptow. Assis sur des chaises ou bien par terre entouré de chiens et d’enfants qui jouent et dansent, (si, si !) la scène de plein air s’emplit chaque été tous les samedis de ce que le jazz à Berlin a de frais ou de moins frais. Les projets les plus passionnant trouvent sur cette scène un premier tremplin ou une confirmation. Le programme de cet été est très alléchant : par exemple le samedi 16 juillet, un triple plateau de projets hallucinants ou hallucinés : Daniel Erdmann “Die Obersicht”, Rudi Mahall “Fossile 3 plus” et Tom Arthurs “Sartr’ es Croissant”. Rien à jeter ! Le gigantesque saxophoniste Uli Kempendorff sera à l’honneur le 20 août avec deux de ses super-groupes et en dessert, Rudi Mahall revient déguisé en cerise avec le groupe KöcomabE. Mais j’ai bien eu du mal à trier ce dont je voulais parler, tant ce programme est un feu d’artifice d’artistes intéressants. Le programme est en ligne, et encore une fois je décerne un label : "faut’y’aller" !

Voici un petit film sur le thème Lohmühle, qui ne s'occupe pas seulement de jazz. C'est en allemand !

Das Königreich Lohmühle from 2470media on Vimeo.

Ca sent juste rigolo.

Mais non, Jazz à Berlin n'est pas mort. Il se repose... Des articles sont en préparation, il faut juste que je trouve le temps pour y mettre une touche finale.

En attendant, je publie la version intégrale de l'article que j'ai gribouillé pour le magazine Berlin Poche de Juin 2011.

Je renouvelle mon appel aux rédacteurs occasionnels : allez au concerts (très important) ou écoutez des enregistrements (en les achetant, de préférence) et faites éclater votre joie, ou au choix, votre déception, sur Jazz à Berlin ! Envoyez-moi des articles à l'adresse ci-contre !